INVENTAIRE
SOMMAIRE DES ARCHIVES COMMUNALES ANTERIEURES A 1790, REDIGE PAR
Monsieur Théodore. LEURIDAN, ARCHIVISTE.
VILLE DE ROUBAIX
PARIS,
IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE ADMINISTRATIVES DE PAUL DUPONT1866
NOTICE SUR LES ARCHIVES COMMUNALES DE LA VILLE DE ROUBAIX.
Les
archives de Roubaix étaient anciennement déposées
au château seigneurial comme dans le lieu le plus sûr. Après
la conquête de la Flandre par Louis XIV, le prince de Ligne, dépossédé
du marquisat de Roubaix en faveur dAlexandre Guillaume de Melun,
prince dEpinoy, fit, en se retirant, enlever une certaine partie
de ces archives et nous priva ainsi de documents sans nul doute intéressants.
Cest du moins de la sorte que nos pères, dont les intérêts
communaux furent en maintes circonstances compromis par cette perte, expliquent
labsence des titres qui établissaient leurs droits. Depuis,
nos archives communales furent lobjet de quelques soins et de divers
classements. Cest en faisant linventaire général
des papiers qui étaient restés dans les archives du château,
en 1704, après la mort du prince dEpinoy, que le greffier
du lieu retrouva si heureusement, derrière une armoire, notre plus
ancien privilège de fabrique, perdu depuis deux siècles
et dont la possession eut tant dinfluence sur le sort industriel
de la ville. En dautres temps encore, les greffiers du marquisat
travaillèrent à des inventaires partiels. Dans un état
de salaires et vacations dus à maître Antoine Adrien Monier,
notaire et greffier de Roubaix, on voit, quen 1718, ce dernier «
a vacqué à repasser les vieilles paperasses des archives
du château et fait un inventaire « des plus anciens comptes
de léglise, en commençant par ceux de 1451, jusque
et compris ceux finissant à la Saint Jean Baptiste 1638 ; quil
a aussi recueilli et fait des paquets de tous les comptes des tailles
et vingtièmes de la communauté dudit Roubaix depuis soixante
ans, pour être inventoriés par ordre sur les noms des comptables
». Il nous est resté une triple copie de linventaire
des plus anciens comptes de léglise de 1451 à 1638,
lequel trouve avoir sa continuation jusquen 1684, dans un autre
acte qui a pour auteur le greffier Floris Monier ; on y voit l'étendue
des pertes que nous avons faites. Des notes sommaires au dos des pièces
sont les seules traces conservées des autres inventaires faits
au siècle dernier.
Il
paraît que les archives de Roubaix n'échappèrent point
complètement aux mesures regrettables des lois de la Révolution,
car un certificat du maire et des administrateurs des hospices constate
que le sommier des recettes en nature et en argent de l'hôpital
Sainte-Elisabeth " a été sauvé des flammes et
retiré des titres et papiers qu'on avait ordonné de détruire
par le feu ". Heureusememt, la proscription épargna les titres
de propriété de cet hôpital, titres précieux
sous plus d'un rapport et dont l'inventaire est succictement résumé
dans la série GG.
L'inventaire
dressé en exécution de l'arrêté des consuls,
du 17 ventôse an VIII, ne fait acune mention des documents anciens,
gisant en tas et pêle-mêle dans les greniers, ouverts à
tous venants, de la maison commune. A toutes les demandes de renseignements
le maire répondait invariablement que les archives de la mairie
ne se composaient que de pièces relatives à l'administration
courante de la commune.
Les
archives communales de Roubaix traversèrent donc, dédaignées,
l'Empire et la Restauration ; mais elles fournirent, sous le Gouvernement
de juillet, du papier pour dégraisser les fusils de la garde nationale
dont le dépôt était voisin, et sans doute aussi pour
allumer le feu du corps de garde. Ce qui fut épargné resta
exposé à toutes les autres causes de destruction.
Vers
la fin de 1838, pour répondre aux pressantes injonctions du préfet,
un des employés de la mairie procéda à un inventaire
des documents antérieurs à 1790, lesquels, relevés
et mis en liasses, furent déposés dans un cabinet dépendant
des bureaux de l'administration. Ce travail, clos le 13 janvier 1839,
a été remis en double expédition au conservateur
général des Archives du Nord, à Lille, qui en a rendu
compte dans une Notice sur les Archives communales du département
insérée dans l'Annuaire de 1840, page 34. Mais cet inventaire
n'a pour lui que l'exactitude et ne réunit aucune des conditions
nécessaires d'ordre, de méthode et de rédaction.
Il avait, d'ailleurs, comme ceux que durent dresser toutes les communes
de France, un but tout particulier, celui de fournir à M. Augustin
Thierry des matériaux pour son histoire du Tiers-Etat. Sous ce
rapport, nos archives sont plus nombreuses, plus volumineuses qu'importantes
; mais, au point de vue du clocher, de notre histoire locale, elles offrent
le plus vif intérêt. C'est dans ces mêmes archives,
qu'à quelques exceptions près, l'auteur du présent
inventaire a puisé tous les éléments de son Histoire
de Roubaix , traitée dans ce quadruple cadre : Institutions et
annales religieuses, féodales, communales et industrielles.
L'inventaire
prescrit par l'instruction ministérielle du 16 juin 1842, comprenant,
cette fois, les pièces postérieures à 1790 et les
objets mobiliers de la mairie, fut rédigé par M. L.E. Marissal,
juge de paix, nommé archiviste municipl, et qui a laissé
des Recherches pour servir à l'Histoire de la ville de Roubaix
de 1400 à nos jours .
M.
Marissal eut pour successeur, le 09 mai 1845, M. Defrance, aussi juge
de paix, aux mains duquel l'emploi fut une véritable sinécure.
M. Elie Brun, nommé bibliothécare-archiviste le 1er février
1856, n'exerça ses doubles fonctions que pendant un an, et dut
donner tous ses soins à l'organisation de la bibliothèque.
Alors,
et depuis plus de dix ans déjà, la construction d'un nouvel
hôtel-de-ville, le département des bureaux de la mairie,
le peu d'intérêt qu'on attachait à des documents auxquels
on aurait dû, pourtant, recourir en plus d'une occasion, avaient
amené, dans le classement des archives, un désordre et une
confusion qu'il était indispensable de faire cesser au plus tôt.
L'absence
de tout numéro, de toute étiquette, de tout signe correspondant,
jointe au désordre signalé plus haut, rendait la tentative
de remettre le classement en concordance avec les inventaires plus laborieuse
qu'un dépouillement nouveau et complet. Appelé à
cette besogne par la confiance de l'administration municipale, en mars
1857, nous nous sommes mis à l'oeuvre avec toute la somme de bonne
volonté et de courage qu'exige un travail aussi aride, et nous
terminions l'inventaire chronologique et détaillé des archives
antérieures à 1790, quant la circulaire ministérielle
du 25 août 1857 vint donner de nouvelles instructions pour la mise
en ordre méthodique et sommaire des mêmes archives. Ce dernier
inventaire fut terminé le 23 février 1859 et reçut
les félicitations de M. le Ministre de l'intérieur, qui,
en mai 1863, exprima le désir de le voir publier.
Les
archives communales de Roubaix sont maintenant établies dans une
salle de la bibliothèque publique, à l'abri de l'humidité
et des autres causes de destruction qui en ont autrefois dévoré
une grande partie, mais non du feu, dans un local qui a déjà
subi bien des transformations et où il serait peut-être difficile
de les sauver en cas de sinistre.
L'administration municipale, cédant à nos instantes prières,
va préparer, pour ce précieux et utile dépôt,
une salle pavée et voûtée, dans laquelle son installation
ne laissera rien à désirer.
Deux
sections se partagent naturellement les archives communales : la section
historique, qui comprend les documents antérieurs à la révolution
française, et la section administrative, à laquelle se rattachent
les pièces postérieures à 1790.
Les
archives historiques se composent d'environ 35 000 pièces renfermées
dans 239 liasses volumineuses, soigneusement enveloppées, étiquetées,
numérotées et placées en ordre sur des rayons ; leur
classement forme neuf séries développées dans le
travail qui va suivre.
Il
n'est guère possible de compter les documents que renferme la partie
administrative ; leur nombre, plus considérable encore que ceus
de la première catégorie, s'accroît journellement
du trop plein des bureaux de la mairie et des divers services communaux.
Ils se rangent, suivant l'instruction ministérielle du 16 juin
1842, en quinze divisions qui comportent elles-mêmes autant de subdivisions
que le classement peut en exiger. L'inventaire manuscrit de ces documents
modernes, fréquemment consultés par l'administration, est
constamment tenu à jour.
Roubaix,
08 décembre 1865.
THEODORE
LEURIDAN.
Archiviste, chevalier de l'ordre pontifical de Saint-Grégoire le
Grand.
Les
séries constituant l'inventaire sommaire des archives communales
de Roubaix sont :
AA
: titres constitutifs et poltiques de la commune.
BB : administration communale
CC : impôts et comptabilité
DD : Propriétés communales ; eaux et forêts ; mines
; édifices ; travaux publics ; ponts et
chaussées ; voirie
EE : affaires militaire ; marine
FF : justice, procédure, police
GG : cultes, instruction, assistance publique
HH : agriculture, industrie, commerce
II : documents divers ; inventaires, objet d'art, etc.
Inventaire chronologique et analytique des titres reposant aux Archives
de l'hospice civil de Roubaix, par Th.
Leuridan, archiviste municipal, n° 118.
Roubaix, 1859 - 1863, 5 vol. in-8°.
Roubaix, 1844, 1 vol. in-8°.
ATTENTION
: Il existe un répertoire complémentaire côté
"bis" !
MARQUISAT
DE ROUBAIX : J 472
Les
Archives qui font lobjet du présent répertoire ont
été déposées en 1957 aux Archives du Nord
par la ville de Roubaix qui avait reçu en 1933 quarante-quatre
caisses contenant plusieurs dizaines de milliers de documents donnés
à la ville le 30 mars 1929 par Monsieur Paul-Georges PETIT, négociant
en charbons à Roubaix. Celui-ci avait prêté une partie
du fonds à Maître Albert CROQUEZ, avocat au Conseil dEtat
et à la Cour de cassation, pour la rédaction projetée
dune histoire de Roubaix. Maître CROQUEZ sétant
considéré comme propriétaire du fonds, Monsieur PETIT
lui intenta un procès en restitution. Par jugement de la première
chambre du Tribunal civil de la Seine, Maître CROQUEZ fut condamné
à rendre tous les documents darchives à lui prêtés
par Monsieur PETIT. Certaines pièces portent un cachet CROQUEZ.
Il
sagissait du moins en partie des archives que le prince de Ligne
dépossédé du marquisat de Roubaix par la conquête
de la Flandre par Louis XIV, avait retirées du chteau de
Roubaix, en quittant le pays, mais aussi de documents très postérieurs
concernant les Melun, princes dEpinoy, et leurs successeurs les
Rohan-Soubise. Lensemble avait été vendu jadis avec
limmeuble qui labritait.
Aux
Archives de Roubaix, sans consulter personne, on classa par ordre chronologique
les documents déjà bouleversés par Maître CROQUEZ
et on en retira tout ce qui ne semblait pas concerner directement Roubaix.
On fit de cette partie 95 énormes paquets, soit-disant classés
par ordre de dates, détruisant ainsi des séries constituées.
Un même procès a pu être réparti dans dix paquets,
des séries de comptes ont été désorganisées;
de plus la répartition par dates est assez fantaisiste. Il résulte
de ce beau travail que le classement de ces archives qui eut pu être
rapide a demandé beaucoup de temps.
Elles
sont constituées en grande partie dépaves de pièces
domaniales concernant les nombreuses seigneuries entrées dans la
famille de Melun-Epinoy par le jeu des alliances.
Par
contre, pour la baronnie de Cysoing, il ne sagit plus dépaves,
mais dun véritable fonds darchives, depuis le XIVe
siècle, avec la famille de Werchin, jusquà la fin
du XVIIIe siècle avec les Rohan-Guéméné. Le
comté de Saint-Pol ayant été acquis par Louis de
Melun, prince dEpinoy en 1705 de Marie dOrléans épouse
dHenri II de Savoie, duc de Nemours, on ne sétonnera
pas de trouver des pièces relatives à de nombreux fiefs
tenus du comté de Saint-Pol, souvent en mauvais état.
Lensemble
de linventaire dressé concerne 951 dossiers classés
par communes.