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Un peu de vocabulaire


Apanage :
Concession par un roi ou un prince, à un membre de sa famille (fils ou frère), d’une terre et des pouvoirs de ban qui y sont attachés, en compensation de la couronne réservée à l’aîné.


Ban :
Bannus, terme d’origine germanique d’un usage très courant dans la société médiévale, désigne le pouvoir politique supérieur ou sa manifestation. Il est délégué aux officiers du souverain, puis, dans le cadre féodal, il est exercé par tous ceux qui assurent le gouvernement. Il désigne alors l’autorité immédiate et directe. Le seigneur « banal » exerce ce pouvoir de commandement que n’a pas le seigneur foncier ordinaire ; l’adjectif « banal » désigne les lieux et services spécialisés qu’il met à la disposition de la communauté et pour l’usage desquels il perçoit une redevance : le four banal, le moulin banal. Les banalités constituent l’ensemble des taxes qu’il a le droit d’exiger.


Bénéfice :
Beneficium, en droit canonique, désigne une charge ecclésiastique et la masse de biens qui le rémunère. Il est à charge d’âmes si le service des fidèles lui est attaché : l’épiscopat, le prêtre de paroisse (le curé, curatus, celui qui a la charge) sont des bénéfices à charge d’âmes. En revanche, les canonicats (charge de chanoine, membre d’un chapitre épiscopal ou d’une collégiale particulière) n’ont pas de charge d’âmes, ils sont sine cura animarum, d’où le français « sinécure », un emploi bien rémunéré mais sans vrai travail à effectuer.


Cens et champart :
Loyers de la terre qui donne droit au paysan de s’installer sur la terre d’un seigneur. Le cens est fixe, le champart est calculé en fonction de la récolte.


Clerc :
En latin ecclésiastique clericus, du grec klêrikos (de klêros, lot, fonction). Le terme désigne un homme d’Eglise, celui qui a reçu la tonsure. On peut donc devenir clerc sans recevoir pour autant l’ordination. Le clerc qui se marie perd simplement ses privilèges, notamment de juridiction, et son aptitude à recevoir des bénéfices ecclésiastiques.


Comte :
Du latin comes, comitis (compagnon). Aux temps mérovingiens et carolingiens, il désigne le représentant du roi dans la circonscription administrative de base, le comté (pagus). L’honor comtal est l’un des plus importants avec l’épiscopat. Mais, par l’édit de Kierzy-sur-Oise de 877, Charles le Chauve concède provisoirement l’hérédité à la fonction, qui peu à peu s’installe définitivement. Désormais, le comte est l’un des titulaires supérieurs de la hiérarchie féodale.


Coutumes :
Du latin consuetudines (droits, coutumes), c’est l’ensemble des redevances perçues dans une seigneurie. Dans les pays qui n’ont pas conservé le droit écrit d’origine romaine, le terme désigne l’ensemble des usages et des coutumes judiciaires d’une région donnée.


Defensor civitatis :
Littéralement, défenseur de la cité. A l’origine, la charge de defensor est créée dans l’Empire romain en 364 par Valentinien 1er pour protéger les habitants des cités des exactions des puissants et des menaces extérieures. Avec l’affaiblissement de l’Empire romain d’Occident et sa disparition en 476, les invasions barbares et les troubles qui s’ensuivent, ce sont les évêques, seule autorité à rester debout, qui exercent de fait la fonction de defensor civitatis.


Evêque :
Du latin episcopus, issu du verbe grec episkipein, surveiller. Chef de la communauté chrétienne, il dirige le clergé et le peuple. En dehors de ses fonctions proprement religieuses, l’évêque joue un rôle social et politique très important : comme vassal, il est tenu d’assister à la cour de son seigneur, roi ou prince territorial. Il lui doit aussi un contingent militaire.


Féodalité :
Forme d’organisation politique et sociale d’Europe occidentale du IX e au XIII e siècle, caractérisée par l’existence de fiefs, et qui repose sur les obligations réciproques entre un seigneur et son vassal. Amorcée en 843 par le partage de l’Empire carolingien, elle se termine sous le règne de Philippe le Bel.


Fief :
Le feodum (etymologie discutée) est à l’origine une allocation d’argent, de denrées pour services rendus, mais très vite, il entraîne l’attribution d’un bien foncier, ou d’un ensemble de droits, pour rémunérer les services d’un homme libre appartenant en général à la classe des hommes de guerre, les milites. Le seigneur donne un fief, celui qui le reçoit devient son vassal et lui doit fidélité, conseil et service des armes. Le fief est rapidement héréditaire en ligne directe, et son titulaire est appelé feudataire.


For :
Du latin forum, tribunal, autorité judiciaire compétente. Le privilège du for réserve le jugement des clercs au tribunal de l’évêque, l’officialité.


Formariage :
Impôt versé par le serf qui l’autorise à se marier à l’extérieur de la seigneurie.


Hommage :
Cérémonie qui consiste à se rendre vassal d’un seigneur en s’agenouillant devant lui, en mettant ses mains dans les siennes, en prononçant un serment de fidélité et en échangeant un baiser de paix (facultatif). Ce rituel est conclu par l’investiture du fief.


Immunité :
Par le principe de l’immunité, le roi ou l’empereur soustrait un territoire dépendant d’une abbaye à l’autorité du comte et le transfère à celle de l’abbé. L’immunité est territoriale, non personnelle. L’immuniste est, sur la terre, le représentant du roi. Il en exerce alors les pouvoirs de justice et de police.


Mainmorte :
Impôt particulier payé par le serf lorsqu’il perçoit un héritage.


Milites :
Miles est un terme latin qui désigne le soldat, l’homme d’armes. Au moyen Age classique, miles sera souvent mis pour chevalier. Les milites constituent une classe, une aristocratie militaire qui forme l’ossature du système féodal. Le métier des armes et le pouvoir de gouverner s’appelle de ce fait militia.


Missi dominici :
De missus, envoyé, et dominicus, seigneur, l’expression est toujours employée au pluriel car les missi vont par deux : un comte et un évêque ou un abbé.


Official :
Du latin officialis, celui qui remplit un officium, une charge officielle. Désigne exclusivement le juge auquel l’évêque a délégué ses pouvoirs judiciaires.


Ordre :
1.Organisation hiérarchique du monde et de la société. Chacun des trois ordres se définit par un droit particulier et par une fonction : ceux qui prient (les clercs), ceux qui combattent (les chevaliers) et ceux qui produisent (les paysans). Cette vision de la société s’exprime surtout à partir du XI e siècle et devient institutionnelle en France au XIV e siècle, lorsqu’on distingue au sein des assemblées les trois « états » que sont le clergé, la noblesse et les procureurs des villes (bourgeois).
2.Ensemble de monastères unis par une structure commune et obéissant à la même règle. On distingue trois types d’ordres : ceux issus de la réforme carolingienne (Cluny), les ordres créés aux XI e – XII e siècles (Cîteaux, Chartreuse) et les ordres mendiants (frères mineurs, prêcheurs, carmes).


Patron collateur :
Désigne le fondateur de la paroisse et ses successeurs, qui exercent le droit de patronage sur la paroisse. Ce peut être une abbaye, c’est alors l’abbé qui nomme le curé, ou un laïc. Le patronage induit la propriété de l’église-bâtiment. En théorie, elle doit être partagée entre les héritiers, mais des dispositions royales et conciliaires l’interdisent. En revanche, le collateur garde à son profit une partie des dîmes. Ce système survit sous l’Ancien Régime et disparaît avec la suppression des droits féodaux par la Constituante, le 4 août 1789.


Régalien :
Littéralement, royal. Les pouvoirs régaliens sont les pouvoirs supérieurs du roi. On utilise encore le terme aujourd’hui pour désigner l’exercice d’un pouvoir réservé au chef d’Etat : la grâce est un droit régalien.


Taille :
Impôt direct qui apparaît après 1050. Il sert à payer la protection du seigneur. Au XIV e siècle, la taille devient impôt royal.



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