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Discours prononcé le 4 mars 1924, par M. Charles Colasse, Président des déportés de Néchin.



Mesdames, Messieurs,


Sur le bord de cette tombe inopinément creusée, permettez-moi d’adresser un suprême adieu à celui dont la mort sème tant de regrets.

Il y a quelques jours, comme un coup de foudre, éclata tout à coup la terrible nouvelle : Oswald se meurt, Oswald est mort !
Ces mots passaient de bouche en bouche et la consternation se lisait sur tous les visages.
C’est qu’Oswald Tesse avait su gagner l’estime de tout le monde. Sans éclat, sans ostentation, il suivait le droit chemin, travaillant avec un courage digne d’éloge pour élever honorablement sa jeune famille. Son épouse, ses chers enfants ! Là était toute sa vie. Pour eux, il a bravé la mort et la mort l’a fauché.

Epoux et père modèle, il était de plus un compagnon sincère et dévoué. Je l’ai connu particulièrement, j’ai passé avec lui de ces moments inoubliables où le cœur parle au cœur, où les sentiments se donnant libre cours, dévoilent à nu l’âme tout entière. Ce qui se dégageait de celle d’Oswald, c’était un sentiment de confraternité allant jusqu’à l’abnégation, jusqu’au dévouement. Pour ses amis, il s’oubliait lui-même. Ses intérêts personnels disparaissaient devant l’intérêt commun, aussi, remplissait-il sa tâche de secrétaire de notre société à notre entière satisfaction. Jamais on ne s'adressait vainement à lui pour demander un service. Il était tout à tous.
En cet instant solennel de la séparation, chacun a voulu, en l’accompagnant à sa dernière demeure, rendre hommage au courageux père de famille, à l’ami loyal et bon.

Oswald, tu disparais sans avoir le temps de remplir jusqu’au bout ta mission. Tu disparais au moment où l’avenir semblait te sourire. Tes amis, rangés autour de ton cercueil, te le promettent solennellement : ta mémoire restera vivante au milieu d’eux. Ton souvenir leur sera cher, et plus tard, ils le rediront à tes enfants, aujourd’hui trop jeunes pour te comprendre. Ta vie sans reproche peut se résumer en deux mots : honneur et dévouement.

Puissent ces quelques paroles dictés par l’affection, adoucir la douleur de ta noble épouse, de ton vieux père, de tes parents éplorés.

Dans l’au-délà mystérieux où tu nous précèdes, reçoit notre sympathique adieu.

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Thierry Messien - 7520 Templeuve en Dossemez (Belgique)