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Testament du 16 février 1776, de Marie Madeleine Joseph Grandel, veuve du sieur
Charles Cornil Dejaeghere, de Lille :

Pardevant les notaires royaux de la résidence de Lille, soussigné, est comparue demoiselle
Marie Madelaine Joseph Grandel, veuve du sieur Charles Cornil Dejaeghere, négociant en
cette ville de Lille, laquelle a fait nommé et dicté son testament, comme il suit :
Premièrement, ordonne que pour le repos de son âme, il lui soit fait et célébré un service
pareil à celui qu’elle a fait faire à son mari, choisit la sépulture de son corps dans la chapelle
de Saint Nicolas en l’église de St Etienne, ainsi que sa maison mortuaire soit sur cette
paroisse, sinon dans l’église paroissiale de sa maison mortuaire, voulant que ses noms, âge et
jour de son décès soient gravés sur la pierre sépulchrale qu’elle a fait mettre pour son mari en
ladite chapelle de Saint Nicolas.
Ordonne qu’outre les messes du service et celles de quarantaine il soit encore célébré le
plutôt possible par les pères carmes déchaussés du couvent de cette ville le nombre de quatre
cents messes à la rétribution de dix patars chacune, plus une messe journalière pendant
l’année de son trépas à la même rétribution que dessus, par lesdits pères carmes déchaussés,
voulant qu’à son service soient demandés soixante invalides, auxquels sera distribué
manuellement chacun deux sols de France, et à chacun des autres invalides de l’un et de
l’autre sexe chacun six liards de France, et aux enfants de l’hopital chacun un sol de France,
léguant au profit de l’hopital de la charité générale, quatre florins seize patars, une fois.
Donne et lègue à la servante qui le sera à son trépas cinquante florins une fois pour son
habillement de deuil.

Donne et lègue à Charlotte Angélique Joseph Dejaeghere, sa fille, épouse du sieur Decroix,
d’avant part, pour raison à elle connue, la somme de deux mille livres de France une fois.

Donne et lègue à sa fille épouse du sieur Leperre, les parties de biens ci après :
1° une ferme située à Wasquehal (Wasqueal) avec toutes les terres et héritages en dépendans
ainsi qu’elle est occupée par le nommé Duthoit.
2° une ferme au Maisnil, avec les héritages qui en dépendent et ainsi qu’elle est occupée par
le nommé Dubreucq.
3° une ferme avec les terres et héritages en dépendans située rue du Bois paroisse
d’Armentières, ainsi qu’elle est occupée par Delepierre.
4° et finalement une ferme située à Roubaix, avec les héritages qui en dépendent, ainsi qu’elle
est occupée par le nommé Montagne.

Donne et assigne pareillement à sa fille épouse du sieur Decroix :
1° une ferme située à Tourcoing, avec les terres et héritages en dépendant, ainsi que le tout est
occupé par Desurmont.
2° une ferme située à Néchin, avec les héritages qui en dépendent occupée par Germain.
3° une ferme située rue Hallez, paroisse d’Armentières, avec les terres et héritages en
dépendant, occupée par le nommé Hennion.
4° une ferme située à Radinghem, avec les héritages qui en dépendent occupée par Jean
Baptiste Fenart.

Donne et assigne pareillement à Louis Auguste Joseph Dejaeghere, son fils :
1° une ferme située à Linselles avec les héritages qui en dépendent, occupés par le nommé
Delannoy.
2° une ferme située à Quesnoy, avec les héritages en dépendant, occupés par la veuve Bague.
3° une ferme située à Lambersart, avec tous les héritages en dépendant, occupés par le nommé
Grouset.
4° une ferme située audit Radinghem, avec les héritages qui en dépendent, occupés par
Duchatelet.
5° et finalement, une autre ferme située audit lieu, avec les héritages qui en dépendent,
occupés par le nommé Delecourt.

Pour par ses dits enfants, jouir des biens à eux ci dessus assignés respectivement avec tous
les catheux, verds et sceps et sus y adhérant, sitôt le trépas de la comparante, en avant et à
toujours, à charge des baux qu’en auront lors les occupeurs, rentes foncières, seigneurialles et
anciennes redevances dont les dits biens peuvent être chargés, et de toutes servitudes.

Lequel partage a été projeté en cette conformité par feu Louis Joseph Grandel son père,
quant à tous les autres biens qu’elle délaissera à son trépas de telle nature, condition et
situation ils soient, rien réservé ni excepté, elle veut et ordonne qu’ils soient partagés entre ses
trois enfants également, sans préférence de sexe ni d’âge, droit de quint maineté ni autres
avantages coutumiers.
Accordant représentation tant pour les dits biens que ceux ci dessus partagés aux enfants et
descendans de ses dits enfants, qui pourraient venir à prédécéder la comparante pour partager
aussi entre eux avec la même égalité, la part qu’aurait eu leur père et mère. Voulant que tous
les biens meubles et tels réputés qu’elle délaissera à son trépas tiennent nature de propre à ses
héritiers, à leurs enfants et à ceux de leur côte et ligne du côté de la testatrice, sans que l’on
puisse induire de cette clause une substitution, ni aucune préférence aux mâles sur les
femelles.
Si quelqu’uns de ses héritiers ou enfant d’iceux viendraient à décéder délaissant enfant, elle
veut et ordonne que leurs enfants et petits enfants par représentation soient leurs héritiers de
tous les biens immobiliaires et mobiliaires qu’ils auraient délaissés, provenant de la testatrice,
le tout également et sans préférence de sexe, d’âge ni autres avantages coutumiers comme dit
est, ce qui n’aura lieu cependant que par forme de règlement ab-intestat, et aussi avant qu’ils
n’en aient pas autrement disposé, ce qu’il leur sera libre de faire et au défaut d’enfant, cette
clause opérera aussi en faveur de leurs frères et sœurs, oncle et tantes, et des enfants et
descendants d’iceux, par représentation, le tout également et sans préférence de sexe ni d’âge
comme dessus, ce qui n’aura lieu que par forme de règlements ab-instestat, et cessant
déposition contraire.
Si quelque uns de ses héritiers institués pourraient se prévaloir des coutumes (ce qu’on ne
croit point) pour appréhender les fiefs et les héritages patrimoniaux au préjudice des autres,
elle déclare en ce cas, priver lesdits contrevenants de tous ses biens de libre disposition, et de
les réduire à leur légitime, sur laquelle sera imputé tout ce que de droit fait à imputer, les
privant même des profits et revenus de trois ans de ses fiefs et héritages, pour le tout accroître
au profit de ses autres héritiers acquiesçant au présent testament.

Lecture faite à ladite comparante du présent testament par l’un desdits notaires, l’autre
présent, elle a déclaré contenir ses intentions et volontés, y a persisté et signé.

Fait et passé audit Lille, le seize février mil sept cent soixante et seize.

Signé la veuve Charles Dejaeghere, Becquart et Becquart, notaires.

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Thierry Messien - 7520 Templeuve en Dossemez (Belgique)